Le don d'organes du vivant ne concerne que
2 organes :
Le REIN et plus rarement un LOBE DE FOIE.
Coeur
- Reins - Foie -
Poumons - pancréas -
Intestin : Important Le
prélèvement d'un organes n'est possible que pour une opération de greffe à la
suite.
DON D'ORGANES "DU VIVANT"
La loi Caillavet (loi n° 76-1181 du 22 décembre
1976) pose les bases du don d’organes en France.
Elle a surtout institué le consentement présumé pour
les prélèvements post-mortem (on est donneur sauf
refus exprimé de son vivant). Pour le don d’organes
du vivant, le régime est totalement différent et
beaucoup plus strict : il repose sur un consentement
libre, éclairé et exprès, et non sur une
présomption. Les principes fondateurs de 1976
(gratuité, non-patrimonialité du corps humain,
anonymat avec dérogations pour les proches) ont été
repris et adaptés dans les lois de bioéthique
successives (1994, 2004, 2011, 2021…) et sont
aujourd’hui codifiés dans le Code de la santé
publique (articles L. 1231-1 et suivants).
Synthèse actuelle du régime applicable au don
d’organes du vivant
1. Finalité exclusive Le
prélèvement n’est autorisé que dans l’intérêt
thérapeutique direct du receveur (greffe). Aucune
finalité scientifique pure n’est possible. 2.
Qui peut donner ? Uniquement une personne majeure
et capable (pas de mineurs ni de majeurs protégés
pour un organe). Le cercle des donneurs a été
progressivement élargi : Père ou mère (règle de
base historique). Par dérogation : conjoint,
fils/fille, frère/sœur, grands-parents,
oncles/tantes, cousins germains/cousines germaines,
conjoint du père ou de la mère. Toute personne
prouvant une vie commune d’au moins 2 ans avec le
receveur. Toute personne prouvant un lien
affectif étroit et stable depuis au moins 2 ans.
3. Don croisé En cas d’incompatibilité
immunologique, un don croisé est possible (jusqu’à 6
paires). L’anonymat est garanti entre les paires. Un
organe issu d’un donneur décédé peut parfois
compléter la chaîne. 4. Procédure obligatoire
(très encadrée) Information complète du donneur
(risques, conséquences physiques/psychologiques,
impact sur la vie
personnelle/familiale/professionnelle, résultats
attendus pour le receveur) par un comité d’experts.
Consentement écrit et libre exprimé devant le
président du tribunal judiciaire (ou magistrat
désigné). Rétractable à tout moment. Autorisation
du prélèvement délivrée par le comité d’experts
(après vérification que le consentement est libre et
éclairé et que les conditions légales sont
remplies). En cas d’urgence vitale, procédure
allégée via le procureur de la République.
En résumé : La loi Caillavet a posé le cadre de
solidarité et de gratuité. Pour le don du vivant, le
législateur a choisi la voie inverse du post-mortem
: consentement explicite + contrôle strict + cercle
de proches élargi, afin de protéger le donneur tout
en permettant de sauver des vies. Ce régime est
aujourd’hui celui des articles L. 1231-1 et suivants
du Code de la santé publique, mis à jour par les
lois de bioéthique (dernière grande révision 2021).
Pour les détails pratiques et les formulaires, le
site officiel est service-public.fr (fiche F182) et
l’Agence de la biomédecine (dondorganes.fr).
Permettre le prélèvement de
ses organes ou de ses tissus est un acte de générosité et de
solidarité très fort.
DON D'ORGANES "du Vivant" et
loi Française
Principes éthiques communs hérités de la loi
Caillavet
Gratuité absolue : aucune rémunération
ni avantage. Neutralité financière
: tous les
frais (hospitalisation, examens, transport,
hébergement, suivi, indemnités journalières pour
perte de salaire) sont pris en charge. Anonymat
(sauf entre proches directs). Interdiction de
toute pression psychologique ou financière.
PROPOSITION DE DON
EVALUATION PRELIMINAIRE
BILAN MEDICAL et PSYCHOLOGIQUE
TRANSMISSION DOSSIER VERS ABM
AUDITION - COMITE D'EXPERTS - DECISION TRIBUNAL
PROGRAMMATION FINALE
INTERVENTION PRELEVEMENT / GREFFE
SUIVI MEDICAL POST PRELEVEMENT
Voici la liste chronologique des
actions
Dans un cas typique de proposition de don de
rein du vivant en France, jusqu’au prélèvement (en supposant que
tout est accepté et qu’il n’y a pas d’urgence vitale). Le parcours
dure en pratique de 3 à 6 mois (parfois plus selon les
délais de rendez-vous et les examens) .
1.
proposition et première information
Le donneur
potentiel exprime
son souhait
(souvent
spontanément ou
après information
du néphrologue du
receveur).
Contact avec
l’équipe de
transplantation du
centre où est
suivi le receveur.
Première
information sur le
don du vivant
(risques,
avantages,
procédure,
neutralité
financière,
possibilité de se
rétracter à tout
moment).
2.
Évaluation
médicale préliminaire
du donneur
Bilan de
débrouillage
(prise de sang,
fonction rénale,
groupe sanguin
ABO, recherche de
protéinurie,
etc.).
Vérification
de la
compatibilité
immunologique
(HLA, cross-match)
avec le receveur.
Première
consultation avec
le néphrologue de
transplantation.
3. Bilan
médical et
psychologique complet
Examens
approfondis :
bilan sanguin
complet, imagerie
(échographie,
scanner ou IRM des
reins et
vaisseaux), bilan
cardiaque,
consultation
anesthésiste,
bilan infectieux,
etc.
Évaluation
psychologique (et
souvent entretien
avec un
psychologue).
Consultation
avec le chirurgien
qui réalisera le
prélèvement.
Discussion en
staff
multidisciplinaire
de l’équipe de
greffe :
validation
médicale de
l’éligibilité du
donneur.
4. Transmission du
dossier à l’Agence de
la biomédecine
L’équipe de
transplantation
envoie le dossier
complet au
secrétariat
national des
donneurs vivants
(Agence de la
biomédecine).
Organisation
de l’audition par
le comité
d’experts
(« comité donneur
vivant »).
5. Audition
par le comité
d’experts (comité
donneur vivant)
Entretien avec
le comité
indépendant (5
membres : 3
médecins, 1
psychologue, 1
personne qualifiée
en sciences
humaines et
sociales).
Le comité
informe le donneur
des risques,
conséquences
physiques/psychologiques
et répercussions
possibles, et
vérifie que le
consentement est
libre et éclairé
(pas de pression).
Le comité
remet au donneur
les documents
nécessaires pour
saisir le
tribunal.
6. Expression
du consentement devant
le tribunal judiciaire
Le donneur
saisit (de sa
propre initiative)
le président du
tribunal
judiciaire (ou
magistrat désigné)
du lieu de
l’établissement de
santé, du lieu
d’hospitalisation
du receveur ou de
son domicile.
Audience : le
magistrat vérifie
l’identité, le
lien avec le
receveur et
s’assure que le
consentement est
libre et éclairé.
Signature de
l’acte de
consentement
(formulaire Cerfa
n° 15427).
Le
consentement est
révocable
à tout moment.
7. Demande et
délivrance de
l’autorisation de
prélèvement
Le donneur
adresse au comité
d’experts une
demande
d’autorisation
accompagnée de la
copie de l’acte de
consentement du
tribunal.
Le comité
délibère et
délivre (ou non)
l’autorisation de
prélèvement
(décision non
motivée).
L’Agence de la
biomédecine
transmet
l’autorisation à
l’équipe
chirurgicale et au
donneur.
8. Préparation
finale et
programmation
Consultations
de contrôle
(anesthésiste,
bilans de dernière
minute).
Programmation
de la date de
l’intervention
(chirurgie
planifiée, non
urgente).
Information du
donneur sur les
modalités
pratiques
(hospitalisation,
convalescence,
arrêt de travail,
etc.).
9. Hospitalisation et
prélèvement
Hospitalisation du
donneur
(généralement la
veille ou le jour
même).
Intervention
chirurgicale
(néphrectomie, le
plus souvent par
cœlioscopie/laparoscopie).
Durée de
l’opération :
environ 2 à 4
heures.
Hospitalisation
post-opératoire :
généralement 3 à 7
jours selon la
technique et la
récupération.
10. Suites
immédiates (pour
information)
Suivi
post-opératoire
(chirurgien puis
néphrologue).
Arrêt de
travail de 4 à 8
semaines en
moyenne.
Suivi médical
à long terme
(consultations à 1
mois, 3 mois, 1
an, puis annuel).
Points
importants :
Le donneur
peut se rétracter
à
n’importe quel
moment
jusqu’à
l’intervention,
sans avoir à se
justifier.
Tous les frais
(examens,
transport,
hébergement,
hospitalisation,
indemnités
journalières) sont
pris en charge
(principe de
neutralité
financière).
En cas de don
parent → enfant,
le comité
d’experts ne peut
pas s’opposer au
don, mais
l’audition reste
obligatoire.
Cette séquence est
celle prévue par le
Code de la santé
publique (articles L.
1231-1 et suivants) et
les recommandations de
l’Agence de la
biomédecine.